Désinfection par UV : quid de son efficacité pour lutter contre le Coronavirus ?

  • Home
  • Actualités
  • Désinfection par UV : quid de son efficacité pour lutter contre le Coronavirus ?
UVC

Désinfection par UV : quid de son efficacité pour lutter contre le Coronavirus ?

MT : Désinfection par UV : une méthode de lutte contre les virus.

MD : Une alternative pour tuer les bactéries et les micro-organismes sur les différentes surfaces.

Pour désinfecter les lieux publics, les industriels proposent le rayonnement UV. Cette méthode est utilisée depuis longtemps pour lutter contre les microorganismes pathogènes et les bactéries. En mai dernier, un robot a été aperçu dans un terminal de l’aéroport Nice-Côte d’Azur dont le rôle consistait au nettoyage et désinfection des lieux grâce aux rayons UV. En effet, les ultraviolets permettraient en théorie de détruire le virus responsable du Covid-19. Mais, qu’en est-il réellement de l’efficacité de cette technique ?

Le rayonnement ultraviolet ou UV n’est autre que le terme utilisé pour désigner les radiations du spectre électromagnétique se trouvant au-delà du violet. Ces rayons peuvent être émis par une source naturelle ou artificielle. Principalement utilisés dans l’éclairage (lampe UV), les rayonnements permettent aussi de détruire les bactéries et sont utilisés pour le traitement de l’eau. Au vu de son pouvoir bactéricide, les scientifiques souhaitent s’en servir pour décontaminer les surfaces en cette période d’épidémie du Coronavirus.

Désinfection UV : en quoi consiste réellement le rayonnement UV ?

On distingue trois catégories de rayonnements ultraviolets :

  • UV A ;
  • UB B ;
  • UV C.

Selon Géraldine Dantelle, une chercheuse de l’institut Néel de l’équipe Optique et Matériaux, ces rayonnements proviennent tous du soleil, mais seuls les rayons UV A et UV B se répercutent sur terre. Or, ce sont les rayons UVnC qui sont reconnus pour leurs propriétés désinfectantes, bien qu’ils soient absorbés par la couche d’ozone et n’arrivent jamais sur terre. En effet, l’énergie produite par ces rayons a la capacité de tuer les ADN et les ARN des virus, des bactéries et des micro-organismes pathogènes, pour les inactiver.

Comment cette désinfection par UV est-elle possible ? L’ADN a la capacité d’absorber les UV compris entre 200 et 300 nanomètres et donc essentiellement les UV-C. De nouvelles liaisons covalentes sont créées entre les bases des brins d’ADN, suite à l’énergie procurée par les photons absorbés. Ainsi, les liaisons entre les bases complémentaires des deux brins de la molécule d’ADN sont rompues, ce qui abîme cette dernière. En d’autres termes, les microbes et agents pathogènes exposés aux rayons sont détruits.

Quoi qu’il en soit, aucune étude n’a encore confirmée l’efficacité des méthodes de désinfection des surfaces par le rayonnement UV contre le Coronavirus. Toutefois, Géraldine Dantelle confirme que des études scientifiques ont été réalisées, dont les résultats ont été publiés dans des journaux internationaux. Ils résument les effets des procédés de désinfection sur le SARS et le MERS.

De ce fait, malgré le fait que tous les virus soient différents, l’effet bactéricide des rayonnements pourrait permettre une désinfection efficace des lieux contaminés par le Covid-19. Ainsi, à l’instar du robot de désinfection installé à l’aéroport de Nice, la méthode de désinfection des bactéries et virus est mise en place pour éliminer définitivement le virus SARS-CoV2.

Un projet reposant sur le « Bio-scan » par le groupe Bio-UV

Ce groupe est spécialisé dans la conception d’appareils de traitement des eaux par UV-C pour éviter l’utilisation du chlore. Le projet se base sur un « Bio-scan ». La société a rendu le lancement du projet de stérilisation officiel dans un communiqué de presse du 18 mai 2020. Selon elle, cette méthode d’assainissement aux UVC pourra détruire les virus et bactéries, notamment le Covid-19.

Étant depuis toujours spécialisée dans le traitement des eaux usées, Bio-scan a vu une opportunité dans cette technologie. Selon le président de Bio-UV, Benoît Gillman, l’idée est d’aboutir à une solution mobile, efficace et accessible au plus grand nombre. La société tient également à confirmer de toujours faire en sorte que ses technologies soient certifiées par des institutions indépendantes ou des laboratoires.

A cet effet, la Bio-scan a obtenu deux certifications différentes, dont la première a été délivrée par le laboratoire Biofaq du groupe Carso (la longueur d’onde des rayons UV est de 254 nanomètres). Selon Benoît Gillman, les conclusions de ce laboratoire lui permettent actuellement de confirmer que le projet est efficace à hauteur de 99,99% sur les virus.

Il faut noter que lorsque le Bio-scan a été soumis à Biofaq, les tests ne concernaient pas uniquement l’effet des UV-C sur la SARS-CoV2. Benoît Gillman explique que ce type de virus était déjà connu. D’ailleurs, il ne nécessitait pas une dose spécifique pour être éliminé. Grâce à la certification de C4 Diagnostics, l’effet du Covid-19 a été testé.

La norme NF T81-273, qui est reconnue sur le plan international certifie le produit. Le laboratoire Biofaq aurait confirmé la mise en place d’une méthode interne dérivée de la norme NF T72-281, proposée à Bio-UV. L’Association Française de Normalisation ou AFNOR a expliqué que le document de référence de Bio-UV n’est pas reconnu sur le plan international au même titre qu’une norme ISO, établie dans différents pays. Toutefois, la machine ne s’en retrouve pas pour autant disqualifiée.

En effet, le Bio-scan n’est pas une méthode de désinfection grand public. L’utilisateur doit se protéger les yeux et la peau avant de s’en servir. Ensuite, la machine au pouvoir désinfectant est approchée des surfaces pour les traiter. Il faut noter que l’intensité du stérilisateur UV diminue à mesure qu’il approche de la surface, d’où la nécessité de placer les lampes UV plus près. Des précautions sont à prendre vis-à-vis des rayons ultraviolets car ils sont nocifs pour l’Homme.  

Des recherches de scientifiques sur les UVC profonds

Des scientifiques de l’université de Columbia travaillent actuellement sur des UVC lointains de longueur d’onde 220 nanomètres qui permettraient une désinfection chimique de toutes les surfaces, mais aussi des virus et des matières en suspension. De plus, ils ne présenteraient pas de danger pour l’homme, ce qui rend leur utilisation possible dans les lieux publics occupés, selon le directeur du Centre de recherche radiologique, David Brenner. Toutefois, l’étude est encore jeune et les recherches sur la toxicité sur l’homme n’ont pas encore abouti.

A quoi s’attendre pour l’été ?

L’idée de travailler sur les rayonnements pour éradiquer le Covid-19 soulève la question suivante : Les chances sont-elles plus élevées de tuer le SARS-Cov2 avec l’arrivée des beaux jours ? Selon Géraldine Dantelle, cette théorie reste à confirmer puisque toutes les études qui prennent en compte le climat confirment que les conditions climatiques n’auront aucun effet sur le virus.